18 janvier 1925 : des as de l’aviation française se produisent lors d’une Fête de l’Aviation à Oloron


Morane-Saulnier
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La Grande Guerre a vu un développement considérable de l’aviation. Notre région n’était d’ailleurs pas absente de cette révolution puisque Pau, plus précisément Pont-Long, avait accueilli dès 1908 la première école d’aviation du monde. En 1922, le sous-secrétaire d’État à l’Aéronautique décidait, afin de vulgariser l’aviation commerciale, de fonder la Société de propagande aéronautique. Cette société avait pour vocation de démontrer partout la sécurité de l’avion et la valeur de nos pilotes. Les meetings aériens étaient pour elle une occasion de remplir sa mission. Et c’est ainsi que fut organisée le dimanche 18 janvier 1925 à Oloron une Fête de l’Aviation.

« Grâce à l’amabilité de M. Lacazette-Jacob, qui a mis une de ses prairies (à côté de l’hippodrome) à la disposition des organisateurs… », écrit Le Glaneur d’Oloron en date du 17 janvier.

L’article poursuit : « Le programme comportera la participation de Fronval. Ce grand virtuose entre tous les pilotes est trop connu de tout le monde pour avoir à faire son éloge. Fronval, dont l’adresse est incomparable, est le recordman du monde de l’acrobatie aérienne, ayant réussi à exécuter 960 loopings en 3 heures 56 ; de nombreuses tentatives ont été faites partout pour lui ravir ce titre, mais sans résultat. Nous aurons également Robert, un de nos plus fins pilotes de transport et le plus audacieux de nos parachutistes, Dravet, qui, à Oloron, effectuera sa 34ème descente »

Tout fait prévoir pour cette journée un succès certain et le commerce de la ville en aura sa part en raison de l’affluence des étrangers qui ne manqueront pas de se rendre nombreux à cette manifestation aérienne.

Demain, les Oloronais verront évoluer sur le terrain de Monsieur Lacazette-Jacob les types d’avions modernes les plus divers. Tout d’abord, un Morane monoplan, appareil rapide muni d’un moteur de 130 C.V., l’avion par excellence des acrobaties et qui, dans les mains de Fronval, prendra avec aisance et souplesse les positions les plus invraisemblables. Une limousine bimoteur, luxueusement et confortablement aménagée, du type des avions en service sur les lignes aériennes et qui, grâce à ses deux moteurs de 80 C.V. offre une garantie de sécurité complète.

Un avion biplan moteur de 130 C.V., piloté de main de maître par Robert prendra part aux différentes épreuves prévues au programme.

Le terrain sera aménagé de façon à permettre aux spectateurs d’assister de très près aux différentes évolutions et surtout de suivre les divers détails de mise en route, les départs et les atterrissages qui constituent une des parties les plus intéressantes de la réunion.

Le prix des places est à la portée de toutes les bourses et permettra à tous de venir applaudir les prouesses de nos meilleurs pilotes et les aider ainsi dans la lourde tâche qu’ils ont entreprises : démontrer que l’avion est un moyen de locomotion sûr, rapide et économique. »

Et dans son édition du 24 janvier, Le Glaneur rend compte de la Fête : « Cette manifestation aéronautique a eu lieu dimanche dernier et elle a obtenu un succès complet. Plus de six mille personnes ont assisté aux évolutions savantes, audacieuses de ces habiles et courageux pilotes qui ont nom Robin et Fronval. Toute la gamme des acrobaties aériennes a été prodiguée pendant plus de deux heures par ces maîtres de l’air, à la grande admiration d’un public qui n’avait jamais joui de spectacle semblable.

M. Dravet qui est, outre un organisateur achevé, un parachutiste de premier ordre, a fait en fin de séance une descente en parachute fortement applaudie.

Un service d’ordre impeccable, dirigé par M. le commissaire de police et M. le lieutenant de gendarmerie, a permis que, malgré une affluence sans précédent, le spectacle se déroule sans incident ni accident. »

L’année suivante, le 27 octobre 1926, l’avion de l’un des héros de la Fête, le lieutenant Robin, s’apprêtait à atterrir sur le terrain de Villacoublay lorsque, à 200 mètres du sol, une aile de l’appareil se détacha. Charles Robin, 28 ans et son copilote furent tués sur le coup. Puis, le 28 juin 1928, toujours sur le terrain de Villacoublay, l’avion d’un autre héros de la Fête, Alfred Fronval, 35 ans, heurtait à l’atterrissage un appareil de bombardement. Dans le choc, son avion prenait feu et Fronval périssait carbonisé dans l’accident. Comme quoi l’avion n’était pas à l’époque, comme il l’est devenu aujourd’hui, le moyen de transport le plus sûr.

2 commentaires sur “18 janvier 1925 : des as de l’aviation française se produisent lors d’une Fête de l’Aviation à Oloron

  1. Merci pour tous ces articles intéressants. J ai donc appris qu’ existait un journal qui s appellait « le glaneur d Oloron » combien de temps à t il existé? Y à t il moyen de se procurer des copies ou originaux ? Merci d avance de votre réponse et encore bravo pour votre blog

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    1. Merci de votre message. « Le Glaneur d’Oloron et des Basses-Pyrénées » était un hebdomadaire qui a paru de 1841 à 1944. Certains numéros peuvent être consultés à la Médiathèque des Gaves

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