L’école des sourds-muets de la rue Palassou (1880-1901)


Retour de Retr’Oloron qui était resté silencieux depuis le mois d’août . Avec un article que j’ai écrit grâce au concours des sources citées en fin de billet, et qui a paru dans Le Notre-Dame, le journal de l’association « Le Patro de Notre-Dame ».

Entre 1880 et 1901, une école des sourds-muets a existé à la rue Palassou. Sa localisation exacte reste incertaine, mais un petit passage situé sur le parking Barraban laisse supposer son emplacement précis.

L’école a été fondée par Pauline Larrouy. Fille d’un professeur de langue de Pau, Pauline Larrouy était sourde-muette de naissance. Elle avait été élevée à l’Institution Nationale des Sourds-Muets de Bordeaux. Cet établissement une fois quitté, elle tint à faire bénéficier d’autres personnes souffrant de ce handicap des bienfaits que lui avait apporté cette éducation. Dans un premier temps et « pendant de longues années », elle devint professeur à l’école des sourds-muets de Bordeaux.

Elle s’installa ensuite à Oloron, prit d’abord une sourde-muette avec elle, puis une seconde, et accueillit enfin toutes celles qui se présentaient. Presque toutes étaient pauvres ; elle n’avait aucune personnelle, donc aucune possibilité de les élever et de les nourrir. Quand elle eut épuisé ses maigres ressources, elle n’eut pas un moment la pensée de renvoyer les enfants qu’elle avait recueillis. Elle se résolut donc pour eux à mendier. Pendant trois ans, elle mendia ainsi de village en village, de maison en maison. Elle ne s’en allait jamais les mains vides : elle prenait tout ce qu’on lui offrait : vieux vêtements, vivres en nature, jusqu’à un morceau de pain noir !

Puis le département et la commune d’Oloron prirent sous leur protection l’école de Mademoiselle Larrouy. Lorsque l’Académie Française décerna en 1887 à Pauline Larrouy l’un de ses Prix à la vertu en reconnaissance de son action, l’école comptait, entre maîtresse et élèves, un total de dix-neuf personnes.

Le 2 août 1889, Pauline Larrouy se félicite : « À ma distribution des prix, qui a eu lieu avant-hier mercredi, quelques élèves parlèrent devant les autorités oloronaises, qui ont paru émerveillées de leur articulation ».

Mais en avril 1901, un rapport négatif de l’enseignement et de l’assistance des sourds-muets à Oloron est dressé devant le Conseil général : « Qu’une enquête soit faite et vous verrez que l’organisation de l’École d’Oloron est défectueuse. Vos pupilles en sortent sans instruction, sans éducation, sans profession ; les fonds du Département sont dépensés sans résultats et sans aucun profit pour ces malheureux ».

Est-ce en réaction à ce constat négatif, toujours est-il qu’en juillet de la même année Pauline Larrouy demande à cesser ses fonctions de directrice pour raison de santé. Le Conseil général lui allouera alors une pension annuelle de 800 francs.

L’école des sourds-muets d’Oloron, qui n’existait que par la présence et l’action de Pauline Larrouy, ferma ses portes. À la date de la fermeture, quatre élèves boursiers finissent leur scolarité, quatre autres ont probablement été envoyés probablement à l’Institution nationale des sourdes-muettes de Bordeaux et trois autres sont envoyés probablement à l’Institut de Toulouse.

Pauline Larrouy mourut le 6 juin 1919 à l’hôpital d’Oloron situé place de la Cathédrale (actuelle maison de retraite de l’Âge d’Or). Elle allait avoir 85 ans.

(Sources : le site internet Gallica ainsi que Sandrine Cabané-Chrestia, agent de la médiathèque des Gaves)

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