Le 28 octobre 1941, l’escalier de la mairie d’Oloron s’effondre : 1 mort, 34 blessés


Dans l’après-midi du 28 octobre 1941, la mairie d’Oloron est le théâtre d’un accident qui va faire de nombreuses victimes. Le Glaneur d’Oloron, un hebdomadaire paraissant le jeudi, en rend compte deux jours plus tard sous le titre : « Grave accident à la mairie d’Oloron» :

Mardi après-midi un accident qui aurait pu avoir les conséquences les plus graves s’est produit à la mairie d’Oloron.

Vu la fraîcheur de la température, les cartes d’alimentation qui étaient distribuées sous le carré de la Halle, étaient distribuées à la grand’salle de la mairie. Un nombre important de personnes attendaient leur tour sur la partie supérieure de l’escalier à droite de la porte d’entrée.

Cédant sous le poids anormal qu’il supportait le haut de l’escalier s’abattit d’une pièce entraînant dans sa chute les personnes qui s’y trouvaient. Relevées aussitôt par les agents du service d’ordre et les gens qui stationnaient en bas, une quarantaine de blessés, en majorité des femmes, furent amenés chez les docteurs ou à la clinique Laffite pour y recevoir les soins que réclamaient leur état. Voici les noms des victimes dont quelques-unes sont dans un état qui inspire des inquiétudes.

L’article se conclut par la liste des 34 victimes – dont l’une mourra peu après – en précisant, pour chacune d’entre elles, le siège des lésions dont elles souffrent (« jambe droite et le bras… genou droit… genou gauche… aux cuisses… aux pieds… côtes fracturées… blessures à la tête… » etc.)

Dans sa livraison suivante en date du 6 novembre 1941, Le Glaneur d’Oloron revient sur ce fait divers sous le titre : « Après l’effondrement de l’escalier de la Mairie ». Mais, comme nous allons le voir dans ce qui suit, le rédacteur de l’article est moins préoccupé par le sort des victimes que rassuré par le sort réservé aux contribuables oloronais : la ville est assurée. Cela étant, peut-être qu’en temps de guerre (nous sommes en 1941) l’échelle des valeurs est bouleversée et l’humain passe au second rang. J’attire votre attention particulièrement sur sa dernière phrase.

L’émotion causée par le tragique accident du 28 octobre n’est pas encore apaisée ; car, pour beaucoup de victimes, gravement atteintes, de longs mois s’écouleront avant que ne se produise leur rétablissement.

Il faut, en tout cas, que les contribuables s’en félicitent : la responsabilité de la ville était assurée. Comme le rappelait avec raison « Le Patriote des Pyrénées », la Municipalité en fonctions en 1938 avait pris cette précaution dont l’expérience révèle le caractère de sage administration. Sans cette assurance, le paiement d’indemnités aux victimes de l’accident se serait chiffré en effet, pour les finances municipales par une lourde, très lourde charge.

Jusqu’à quel point la responsabilité de la commune, propriétaire de l’immeuble, se trouve-t-elle engagée ? C’est, d’ailleurs, la question qui se pose.

Quelle que soit la solution sur le chapitre de la responsabilité, elle sera, en tout cas, sans répercussion sur le budget communal. Les centimes additionnels n’en porteront pas de trace.

Bénissons le ciel que la catastrophe ne se soit pas produite trois ans plus tôt.

5 commentaires sur “Le 28 octobre 1941, l’escalier de la mairie d’Oloron s’effondre : 1 mort, 34 blessés

  1. Ce journaliste est un grand sentimental qui va droit à l’essentiel : le portefeuille !
    C’est vrai qu’à cette époque le sentiment prioritaire n’était pas forcément la compassion, mais peut-être plus le « chacun pour soi »….

    Aimé par 1 personne

    1. Sur le sens de cette phrase pas de problème de compréhension : l’auteur veut dire que si la catastrophe s’était produite en 1938 (3 ans plus tôt), la commune n’étant pas alors assurée, ça lui aurait coûté cher. Mais sur l’esprit (on remercie le ciel non pas qu’il n’y ait pas eu de catastrophe, mais qu’elle soit arrivée au « bon » moment), cette phrase peut en effet susciter quelque interrogation

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  2. D’aucuns auraient dit « Mektoub ! C’était écrit. Je ne parle pas des termes du contrat d’assurance 🙂
    Une des très rare fois ou je suis allé dans la salle Barthou à la mairie et beaucoup d’autres personnes ayant eu la même idée, j’avoue avoir eu quelques craintes sur la solidité du plancher. Il vibrait et avait une tendance à avoir une résonance sous les pas au point d’avoir eu la velléité de quitter la salle avec mon épouse non pas pour fuir mais par solidarité pour réduire la descente de charge des personnes présentes et ainsi leur sauver la mise (rd918 mode faux cul)

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour,
    le portefeuille passe avant l’humain…
    Ben, je vois pas ce qui a changé aujourd’hui …!
    Il n’y a qu’a voir les projets en cours (les carrières, la déviation, la maternité,…). Si c’est pas des projets menés par le fric et pas pour l’humain…

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