1813 – Un rien godillots, nos édiles oloronais


Il faut toujours remettre les choses dans leur contexte. Surtout lorsque l’on évoque des faits qui remontent à plus de deux siècles. 1813. Le rêve passe. Il touche même à sa fin. La campagne d’Allemagne fait suite à la retraite de Russie. En butte à des alliés de plus en plus nombreux (dont font partie les Suédois de Bernadotte) Napoléon sera bientôt contraint à défendre le territoire français. La conquête de l’Europe a vécu.
Mais que viennent faire les édiles oloronais dans cette histoire ? Par deux fois, ils vont adopter en conseil municipal des adresses assurant l’empereur, puis son épouse, l’impératrice-régente et reine Marie-Louise d’Autriche, de leur indéfectible fidélité. Sans oublier au passage de vitupérer contre « un Français né, dans notre sein, et aujourd’hui notre ennemi !… ». Le traître Bernadotte en prend ici pour son grade. Ces adresses ont dû plaire en haut lieu puisque La Gazette nationale ou le Moniteur universel, organe officiel de l’État, s’est empressé de les publier en bonne place. On en goûtera le style et la formulation.

Paru dans La Gazette nationale ou le Moniteur universel du 20 février 1813
Ville d’Oloron
S I R E,
La commune d’Oloron partage les sentimens d’amour et de dévouement qui vous ont été témoignés par plusieurs villes de l’Empire, et elle a l’honneur d’offrir à Votre Majesté Impériale et Royale quatre cavaliers montés, armés et équipés, qu’elle vous supplie d’agréer.
Nous sommes, etc.
Les membres du conseil municipal de la ville d’Oloron,
Bert. Louis, maire par interim ; Caubarrus, P. Baz, F. Lafargue, Noguès, adjoint ; Jean-Baptiste Darripe, J. Palou, Laur. Mauhada, Larrabere, Marcel Maisonneles , Bourt, P. Daguzan, Dufraine, Vergez, S.-Martin, officier de santé.

Paru dans La Gazette nationale ou le Moniteur universel du 12 novembre 1813
Le conseil municipal d’Oloron, à S.M. l’Impératrice-Reine et Régente
MADAME,
Au moment où, de toutes les parties du vaste empire qui chérit vos lois, tous les Français s’empresse d’offrir à Votre Majesté Impériale et Royale le nouvel hommage du plus entier dévouement, qu’il est heureux, MADAME, pour vos fidèles sujets de la ville et de l’arrondissement d’Oloron, d’avoir devancé l’appel de votre auguste époux, et montré, des premiers, tous les sentimens qui animent les Français, pour les intérêts sacrés du trône
Placés à l’une des extrémités de l’Empire, l’apparence du danger s’est manifestée, l’occasion s’est présentée de montrer à nos ennemis ce que l’amour de la patrie et du prince peut faire entreprendre ; vos fidèles Béarnais sont devenus soldats, leur fortune et leurs vies ont été offertes à leur pays ; et c’est un peuple de guerriers, fier des sacrifices qu’il fait chaque jour, qui offre de nouveau à Votre Majesté l’assurance d’un dévouement sans bornes
Un Français, né dans notre sein, et aujourd’hui notre ennemi !… il n’était pas Béarnais !… il n’était pas Français !… il ne saurait être Suédois ! qu’il reste sans patrie, mais que ceux qu’il a pu égarer ou séduire retrouve des frères ; qu’ils rentrent parmi nous, ou que des lois ou que les lois qui punissent les traîtres les poursuivent avec force !
Vivez, MADAME, et vivez long-tems sur un trône où vos vertus vous ont élevée pour le bonheur des Français ; c’est le désir de vos très-dévoués, très-humbles et très-fidèles sujets.
L. Lamarque, maire ; Bert. Louis, adjoint ; Laur. Mauhada, adjoint ; Minvrach, Mame, Bambalert, Marcel-Maisonnat, Dufraisse, Saint-Martin, Vergez, Franç. Lafargue, Caubarra, P. Proharam, Aug. Lanin, Jean Palou

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