1927-1930 : quand un Oloronais gouvernait l’Algérie


Plaque de rueConnaissez-vous la rue du Gouverneur général Bordes ? Elle est perpendiculaire à la rue Rocgrand d’un côté et à l’avenue du 4 septembre de l’autre. Oh, elle n’a rien de très remarquable, si ce n’est son piteux état d’entretien : trottoirs défoncés, chaussée dégradée. Qui est donc ce Gouverneur général Bordes auquel elle doit son nom ?

Pierre BordesPierre Bordes est né à Oloron en 1870. Après de solides études de droit à Bordeaux, il intègre la fonction publique d’État. C’’est ce que l’on appelle un haut-fonctionnaire : administration préfectorale (directeur de cabinet, sous-préfet, préfet), membre de cabinets ministériels. Il effectua une bonne partie de sa carrière en Algérie : comme secrétaire général des chemins de fer algériens, directeur de la sécurité générale, préfet de Constantine, préfet d’Alger secrétaire du gouvernement général…

Le 19 novembre 1927, couronnement de sa carrière, il est nommé gouverneur général de l’Algérie. Il y est le représentant de l’État et y a la main sur toute l’administration. Il aura notamment en charge les cérémonies du Centenaire de l’Algérie qui marqueront en 1930 les 100 ans du début de la colonisation. Malgré la réussite de ces manifestations commémoratives, un changement de majorité politique à Paris lui coûte son poste :  cette même année 1930, il est invité à prendre sa retraite et se retirera dans les Pyrénées-Orientales où il mourra en 1943.

La fonction de gouverneur général de Pierre Bordes vaudra à Oloron d’être régulièrement citée dans l’Echo d’Alger, un quotidien qui, à l’époque, était le journal de la gauche radicale. Voici quelques extraits d’articles tirés des journaux mis en ligne par le site Retronews. Et l’on verra dans le dernier article que Pierre Bordes n’est pas le seul Oloronais à être à l’honneur.

L’Echo d’Alger du 13 septembre 1928 sous le titre : « Le gouverneur général Pierre Bordes en France »

Oloron-Ste-Marie 12 septembre, – Avant que M. Pierre Bordes, gouverneur général de l’Algérie, ne quitte Oloron-Ste-Marie, sa ville natale où il vient de villégiaturer quelques jours, les membres du conseil municipal ont tenu à recevoir officiellement à l’Hôtel de Ville leur éminent compatriote au cours d’une réunion intime. 

Cette manifestation de sympathie a eu lieu hier, réunissant une centaine de personnes. Il n’y eut pas de discours, mais de simples toasts très affectueux ont été échangés entre le maire et M. Pierre Bordes.

Ce fut une réunion très cordiale où beaucoup d’amis d’enfance furent heureux de bavarder quelques instants avec celui qui fut autrefois leur compagnon de jeux et d’école dans cette petite et antique cité.

M. Pierre Bordes quittera Oloron demain ; avant de regagner Alger, il se rend à Paris où il réglera avec le Gouvernement quelques questions importantes, intéressant la Colonie.

L’Echo d’Alger du 4 septembre 1929 sous le titre : « De grands chefs indigènes rendent visite à M. Bordes à Oloron-Sainte-Marie »

Oloron-Sainte-Marie, 3 Septembre. – M. Bordes, gouverneur général de l’Algérie séjourne, depuis quelques jours, dans sa propriété d’Oloron-Sainte-Marie. Plusieurs grands chefs indigènes actuellement en France sont venus lui présenter leurs hommages et ont été ses hôtes.

L’Echo d’Alger du 8 septembre 1930 sous le titre : « Le khelifa Djelloul chez M.Pierre Bordes à 0loron »

Oloron, 7 septembre. — Le khelifa Djelloul, chef de la confédération des Lárbaas, à Laghouat, grand-croix de la Légion d’honneur, est l’hôte de M. Pierre Bordes, gouverneur général de l’Algérie, dans sa propriété d’Oloron. Ils sont allés au haras de Pau voir l’étalon arabe donné par ce grand chef indigène, au président de la République, lors de son dernier voyage en Algérie.

L’Echo d’Alger du 25 novembre 1930 sous le titre : « M. Dous »

Voici un ancien instituteur qui doit, depuis quelques jours, être fier de son élève.

M. Dous, aujourd’hui retraité, directeur d’école honoraire, et qui continue son œuvre altruiste puisqu’il est membre de la commission administrative de l’hôpital de Mustapha, fut, avant d’être nommé à Biskra – “en Afrique !” disait-on à cette époque – instituteur stagiaire à l’école laïque Navarrot, à Oloron-Sainte-Marie.

Il y eut comme élève un petit bonhomme qui s’appelait Pierre Bordes.

Ces premières leçons du maître d’école provincial ont porté leur fruit.

M. Pierre Bordes est, en effet, notre actuel Gouverneur Général. Et il n’a pas oublié celui qui, en lui apprenant à lire, lui fit comprendre toute la valeur du travail méthodique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s