1884 – du rififi dans l’église Notre-Dame


On a beau être homme de Dieu, on en est pas moins d’abord un homme. Avec ses travers, ses petites mesquineries, sa jalousie et son ego. Témoin cette scène racontée par le Journal de Bayonne et reprise par La Lanterne du 7 septembre 1884. La Lanterne était un quotidien national. Quelque peu anticlérical, il se fait un plaisir de parler de cette dispute qui a opposé les deux vicaires de l’église Notre-Dame. Mais attention, il ne s’agit pas de l’église que l’on connaît aujourd’hui car elle a été inaugurée 10 ans après. Non, la querelle a eu lieu dans l’église précédente, c’est-à-dire la chapelle des Capucins qui se trouvait du côté de l’actuel Carmel. Voici l’article :

Basses-Pyrénées. – On écrit d’Oloron au Journal de Bayonne :

En vertu de l’admirable maxime : « Aimez-vous les uns les autres » les deux vicaires de Notre-Dame d’Oloron Sainte-Marie se détestent, mais ça… on ne peut plus cordialement.

D’où leur peuvent venir ces sentiments si peu chrétiens. On ne le sait au sûr.

Celui-ci prétend que les succès de chaire de l’un excite la jalousie de l’autre.

Celui-là affirme, au contraire, que les succès de confessionnal de l’autre exaspèrent le premier.

Quoi qu’il en soit, celui qui a des succès au confessionnal, voulant prouver à ses nombreuses pénitentes qu’il pouvait prétendre aussi à l’éloquence de la chaire, déclara, dimanche dernier, à son collègue, qu’il prêcherait à la grand-messe que celui-ci devait dire. Ce dernier s’y opposa, en alléguant que c’était son tour de prêcher et menaça de faire du scandale si ce tour lui était enlevé.

Ne tenant pas compte de cette menace, le confesseur monta en chaire au moment précis et commença son discours. L’officiant aussitôt entame le credo que les chantres se mirent à chanter.

L’on voit d’ici le tableau :

L’assistance de se partager de suite en deux camps : les belles pénitentes se tournèrent vers le beau confesseur pour entendre sa parole persuasive dont elles connaissaient déjà les effets au confessionnal. Le reste dirigea ses regards et ses pensées vers l’officiant qui a l’habitude de les charmer du haut de la chaire de vérité.

C’était édifiant !

 Il serait curieux de raconter au bon public, qui a tant de confiance en ces messieurs les petites histoires dont les vicaires d’Oloron Sainte-Marie sont les héros.

Deux surtout de la paroisse de Sainte-Croix en ont fait d’assez salées que M. le nouveau grand vicaire de M. Arthur pourrait raconter.

2 commentaires sur “1884 – du rififi dans l’église Notre-Dame

  1. J’espère que les sous entendus de la fin de l’article ont été explicités plus tard et que nous aurons, un jour, droit à ces révélations,.. sans doute croustillantes !

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