Pourquoi le nom de « Pont Sainte-Claire » ?


Pont Sainte-Claire« Le Messager de Sainte-Croix » ne se contentait pas d’être un journal paroissial dispensant des nouvelles religieuses. Il contenait de temps en temps des articles sur les évènements oloronais et l’histoire locale, celle du quartier Sainte-Croix bien sûr. Voici un texte publié dans le numéro de cette revue en date du 26 mars 1922. Il nous rappelle, ou nous apprend, pourquoi le pont jeté sur le gave d’Aspe entre le Tribunal d’un côté et la Poste de l’autre porte le nom de « pont Sainte-Claire »

Donc, nos lecteurs savent-ils pourquoi le pont Sainte-Claire, dont ils sont si fiers, et qui, dit-on, a besoin d’urgentes réparations, porte ce nom bizarre ? Ce n’est pas un Caprice de quelque édile fantaisiste qui le lui a donné. Ce pont a été construit, en partie, sur l’emplacement de l’ancien couvent des Clarisses, ou filles de sainte Claire, lequel couvent occupait par ses constructions, sa chapelle et ses cours, à peu près toute la place des Trois Maréchaux, le local du Palais de Justice et arrivait jusqu’à l’abattoir.

Ce fut le 19 Août 1645 que le Supérieur des Franciscains, le P. Bayen, dont le couvent existe encore — c’est l’école supérieure des filles — demanda au Corps de ville pour les religieuses de Sainte Claire l’autorisation de s’établir à Oloron.

En ce moment-là, les Clarisses avaient deux sortes de couvents en France. Les uns, réformés suivant la règle primitive par St. Colette de Corbie, ne s’occupaient que des offices du chœur et observaient la clôture la plus rigoureuse dans une absolue pauvreté. Les autres, d’une observance mitigée, se consacraient aussi à l’éducation des jeunes filles comme les Ursulines. Celles d’Oloron appartenaient à cette deuxième catégorie. C’était donc en même temps un couvent et une maison d’éducation.

La municipalité Oloronaise de 1645, prudente et pratique, donna l’autorisation demandée par les Clarisses à condition qu’elles ne feraient aucune quête à domicile, et recevraient les pensionnaires pour le prix de 90 francs par an. Il faisait bon vivre à cette époque, avouez-le. Les Clarisses acceptèrent et firent construire le couvent.

Durant cent cinquante ans, elles donnèrent l’instruction, à peu près gratuite, à de nombreuses jeunes filles de la région et purent, en toute liberté, se livrer aux exercices de leur règle.

La révolution, au nom de la liberté, décréta la fermeture des couvents. En ce moment-là le couvent Sainte-Claire comptait 33 religieuses de chœur et cinq converses sous la conduite de la Mère Saint-Jérôme Lassalle, et de la Mère Séraphine de Laussat. On les dispersa. Leur couvent devint Hôtel-de-Ville et Tribunal Civil.

Nous nous rappelons encore la vieille et noire bâtisse, mal entretenue, qui bordait le gave, il y a quarante ans. Le progrès a fait ouvrir l’avenue de la Gare ; le pont fut jeté sur le gave ; le couvent fut remplacé par le Palais de Justice actuel ; la place fut ornée (?) de massifs et de statues… . . .

L’esthétique n’y a pas beaucoup gagné avouons-le. Sauf la percée du pont qui a vraiment de l’allure, l’ensemble est mesquin. Mais cela ne nous regarde pas. Saluons, avec respect, les vestiges de cette antique communauté, fervente, apostolique, l’un des plus nobles joyaux du vieux Sainte-Croix

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