Éléonore, Marie-Ursule, Thérèse et Julie


L’association « Le Patro de Notre-Dame » édite tous les deux mois un quatre pages consacré à la vie du quartier. Intitulé « Le Notre-Dame », il fait la part belle à l’histoire locale. Voici un billet que j’y ai publié au mois de mars dernier. La brochure dont sont extraites les informations qu’il contient est consultable à la médiathèque (cf. le détail de cette source en fin d’article).

Cloche de Notre-DameElles se nomment Éléonore, Marie-Ursule, Thérèse et Julie. Elles ont été conçues et sont venues au monde dans le courant de l’année 1889 chez Monsieur Dencausse, fondeur à Tarbes. Ce sont de beaux bébés : Éléonore accuse un poids de 1 516 kilos, Marie-Ursule est deux fois moins lourde (720 kilos), Thérèse et Julie ferment la marche avec un poids de 427 kilos et de 170 kilos. Bien qu’âgées de près de 130 ans, elles continuent de se faire entendre. Et leur voix porte encore loin. Du haut de l’église Notre-Dame.

Car Éléonore, Marie-Ursule, Thérèse et Julie sont les quatre cloches installées dans le clocher de Notre-Dame. En 1888, le Conseil de fabrique, une assemblée composée de prêtres et de laïcs qui était chargée à l’époque d’assurer la responsabilité de la collecte et l’administration des fonds et revenus nécessaires à la construction puis l’entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse, avait demandé deux devis en vue de leur achat. Considérant l’importance de la future église, et comptant sur la générosité des paroissiens, le conseil décida de choisir le plus beau projet.

Sur la partie supérieure de chacune des 4 cloches sont inscrits les noms du curé (Chateauneuf), du maire (Mendiondou) et des 4 laïcs membres du Conseil de fabrique (Capdepon de Bigu, de Lassallette, Dufau et Gabe).

Figure aussi sur chaque cloche une inscription particulière : « Je m’appelle…. ». Suit son nom ainsi que ceux de son parrain et de sa marraine. Éléonore a été léguée par Mademoiselle Canton, qui avait sans doute ce prénom. Quant à Marie-Ursule, Thérèse et Julie, elles portent un prénom qui est celui de leur marraine : Marie-Ursule Broca, Thérèse Proharam et Julie Gabe.

L’inauguration de la nouvelle église paroissiale eut lieu le dimanche 4 août 1889. Les 4 cloches, elles, furent baptisées le lendemain 5 août. Elles n’étaient pas encore, lors de cette cérémonie, hissées dans le clocher mais placées sous le porche, recouvertes d’élégantes parures. Après qu’elles aient gagné leur place définitive dans le clocher, on put installer à l’étage au-dessous les orgues qui étaient auparavant dans l’ancienne église, dans l’enceinte de l’actuel Carmel.

Il fallut cependant attendre encore avant que les 4 cloches sonnent pour la première fois de façon très officielle. C’est en effet le 10 septembre 1893, soit quatre ans après son inauguration que l’église Notre-Dame fut consacrée sous la présidence de Monseigneur Jauffret, évêque de Bayonne Lescar et Oloron. Et depuis lors, si l’on excepte quelques pannes dues aux intempéries et quelques silences imputables à des circonstances exceptionnelles, Éléonore, Marie-Ursule, Thérèse et Julie continuent de se faire entendre en particulier à l’occasion des évènements heureux ou moins heureux évènements qui marquent la vie du quartier.

(Source : « L’église Notre-Dame d’Oloron : ses origines, sa construction, sa décoration », une brochure écrite en 1939 par J. Estrem, curé de Notre-Dame et publiée en 1944)

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