Voici comment Oloron était décrite dans un « guide touristique » publié il y a 200 ans


Après avoir sauvé sa tête durant la Révolution, Régis-Jean-François Vaysse de Villiers devint inspecteur des postes. Écrivain, géographe et historien, Il s’attaqua en particulier à une œuvre monumentale en 20 volumes : « Description routière et géographique de l’Empire français ». Une sorte de guide touristique avant l’heure. Le volume XIV, publié en 1823, est consacré aux routes de Paris en Espagne. L’un des itinéraires décrits passe par Oloron. Voilà comment Vaysse de Villiers, il y a près de 200 ans, voit notre cité. Notez, dans le texte ci-dessous (l’orthographe de l’époque a été respectée), ce qui, selon notre voyageur, fait l’exception de notre ville, mais aussi l’impression que lui ont laissé le palais épiscopal et la cathédrale de Sainte-Marie.

Oloron est une ville de six milles habitans, divisée en haute et basse, et séparée par le Gave d’Aspe d’une seconde ville, ou si l’on veut d’une troisième, Sainte-Marie, qui renferme plus de trois mille âmes. C’est en tout neuf à dix mille. Sainte-Marie, quoique formant une commune séparée, n’en appartient pas moins à la même ville, comme tant d’autres, divisées en plusieurs paroisses, et même en plusieurs communes. Nos voyages nous ont offert un grand nombre de villes, ainsi coupées en deux par une rivière ou un bras de mer, telles que Baïonne et le St.-Esprit,  St.-Jean-de-Luz et Sibourre, dans le même département ; St-Malo et St-Servan, dans celui d’Ille-et-Vilaine; Beaucaire et Tarascon, Avignon et Villeneuve , Tain et Tournon, dans la vallée du Rhône, etc. Un grand nombre d’autres villes sont divisées en haute et basse ; mais nulle part, en France, je n’en ai vu trois ainsi groupées en une seule.

La ville haute pourrait aussi s’appeler ville vieille, comme la ville basse ville neuve. La ргеmière, perchée sur un mont en cône tronqué, se compose de trois ou quatre mauvaises ruelles, aboutissant toutes au sommet, entièrement occupé par une vieille église et une mauvaise halle. L’église n’est remarquable que par son autel, moins remarquable lui-même par sa dorure et sa physionomie espagnole, que par les jolies colonnes torses dont il est décoré. La halle, malgré sa petitesse et sa vétusté, est toujours celle des marchés d’Oloron : c’est un égard accordé, sans contestation, par la ville basse à son aînée, qui ne se soutient que par ce privilège.

La ville haute est tout au plus pour un quart, dans la population totale de six mille habitans attribuée aux deux. La ville basse s’étend à ses pieds en divers sens, et en représente le faubourg. Elle est traversée par le Gave d’Ossau, qui se réunit, en sortant, avec le Gave d’Aspe, le plus grand des deux, et cette réunion forme le Gave d’Oloron.

La ville de Ste-Marie, séparée par ce dernier de celle d’Oloron, lui est réunie par un pont très-élevé, au-dessous duquel on voit, à gauche, divers moulins dont ce fougueux torrent menace l’existence dans toutes ses crues. Il a souvent été question de la réunir à sa double voisine qu’elle semble en quelque manière compléter. C’est la plus belle partie du groupe, la mieux bâtie, la mieux percée. Elle se présente assez bien par son quai, qui s’étend jusqu’à l’ancien séminaire. Ce bâtiment a été brûlé, dans la dernière guerre, par des prisonniers espagnols, soit imprudens, soit mal intentionnés. La cathédrale et le palais épiscopal y sont établis : ces édifices ne méritent aucune attention,

C’est dans la ville basse qu’est tout le mouvement et que se fait tout le commerce, dont la principale branche est l’entrepôt des laines d’Espagne, entrepôt extrêmement déchu aujourd’hui, comme on le pense bien. Les oies salées et les jambons dits de Baïonne, ne se préparent pas plus à Baïonne qu’à Oloron : c’est l’industrie de tout le département.

On y fabrique des bas, ainsi que des draperies grossières connues sous le nom de cordeillat, et non moins déchues que l’entrepôt des laines. On y fait aussi des berrets pour les paysans du Béarn, et des peignes pour les Espagnols. Cette dernière manufacture a été perfectionnée par M. La Fourcade, fabricant, dont les mécaniques ingénieuses méritent d’être visitées.

Cette triple ville, siège d’une sous-préfecture et d’un tribunal civil, a deux foires fameuses, le 8 octobre et le 1er. mai. Les voyageurs y trouvent plusieurs auberges. On m’a conduit à la plus fameuse et je n’en ai pas été mécontent.

Il n’y a point de promenade publique à Oloron : on ne peut guère qualifier ainsi une chétive terrasse plantée de quelques arbres, qui entoure en partie la ville haute. On y découvre une belle vue, tant sur les plaines du Béarn que sur les Pyrénées. Cette chaîne bornant l’horizon à huit ou dix lieues sud, projette une double et longue ramification, le long du Gave d’Aspe jusqu’à deux lieues d’Oloron, et s’éloigne à perte de vue, en s’abaissant vers le sud-ouest.

Et notre géographe poursuit ensuite sa route en direction de Bedous. On peut consulter et même télécharger l’ensemble de l’ouvrage sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF (Bibliothèque nationale de France) en cliquant ici (le passage concernant Oloron commence à la page 157)

Un commentaire sur “Voici comment Oloron était décrite dans un « guide touristique » publié il y a 200 ans

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s