Oloron et les Oloronais « héros » (parfois malgré eux) de quelques dictons béarnais


Vastin Lespy est un érudit béarnais. Né et décédé à Pau (1817-1887), il a cependant quelque attache avec Oloron puisqu’il est enterré au vieux cimetière de Sainte-Croix, où un hommage lui est rendu chaque année à l’occasion de la fête de la Transhumance. On lui doit entre autres œuvres, une grammaire béarnaise, un ouvrage sur les sorcières dans le Béarn, un dictionnaire béarnais ancien et moderne (avec Paul Raymond), un livre sur Xavier Navarrot. On lui doit aussi Dictons et proverbes du Béarn. Ce sera l’objet de notre billet du jour.

Voici quelques dictons visant Oloron et les Oloronais. J’écris « visant », parce que nous ne sommes pas toujours à l’honneur dans ces sentences censées refléter la sagesse populaire. Mais que les habitants de nombreuses autres communes du Béarn se rassurent, ils ont droit aussi à leurs dictons dans cet ouvrage consultable dans son intégralité sur le site Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France (ici le lien pour accéder directement au livre). Revenons maintenant à quelques extraits glanés dans les pages consacrées aux dictons concernant notre ville et ses habitants. Les commentaires qui accompagnent ces dictions sont aussi de Vastin Lespy.

Qui a bist Oloron, A bist tout lou mond. Qui a vu Oloron, a vu le monde entier. Dicton menteur rapporté par Tallemant des Réaux dans ses Historiettes. Ce serait faire injure à nos compatriotes que de chercher à les disculper d’avoir eu la folle vanité de considérer leur ville comme une merveille incomparable.

Mounde d’Olourou, mounde de hère d’haunou ; Bèt salut en arribant, Mey bèt en p-en tournant. Gens d’Oloron, gens de politesse ; (ils vous font) un beau salut quand vous arrivez, mais un plus beau quand vous vous retirez. Les visites leur étaient d’autant plus agréables, qu’on les leur faisait plus courtes ; ils se montraient aimables, même à l’égard des fâcheux. Ne serait-ce point la preuve qu’ils ont la plus exquise courtoisie. Ce dicton ne peut aujourd’hui signifier autre chose.

Oloron et Sainte-Marie, réunies aujourd’hui en une seule ville, étaient avant 1858 deux communes distinctes. Les Oloronais, se targuant d’une supériorité qu’ils croyaient avoir sur les « Samaritains » prétendaient que chez eux tout était bon, et qu’à Sainte-Marie il n’y avait que saleté : Olourou tout so de bou, SenteMarie toute la pourcarie. — Les « Samaritains » répondaient bien faiblement : Sente-Croutz segassaa, Sente-Marie bernatua. SainteCroix (quartier d’Oloron) ronceraie, Sainte-Marie aulnaie.

А тоит еnетіс тоиrtaи, hетnе de Sente-Marie y proисès a Pаи. A mon ennemi mortel (je souhaite) femme de Sainte-Marie et procès à Pau. Ce dicton doit avoir eu pour auteur quelque habitant d’Oloron, tout ensemble infortuné mari et plaideur mécontent. On pourrait ajouter que c’était là pour quelques Oloronais, une manière d’exprimer les sentiments qu’ils avaient à l’égard de Sainte-Marie et de Pau : ils n’aimaient point leur voisine, aujourd’hui leur alliée, et ils détestaient la capitale de la province. Telle était leur animosité contre Pau, que, sans respect pour le Parlement qui siégeait dans cette ville, ils propageaient d’injurieux soupçons contre les magistrats chargés de prononcer les arrêts souverains de la Justice.

Dans l’arrondissement d’Oloron-Sainte-Marie …, quand une vieille fille manifeste un tel désir de se marier qu’il semble que toute alliance lui serait bonne, on dit en proverbe : Que-s maridaré dab lou Cagot de Gabachies. Elle se marierait avec le Cagot de Gabachies ; elle prendrait le dernier des hommes.

La rue de Sègues ; aquiu soun frescas las berretayres coum brugnous… ; mes trop nou p’y hidetz ; si boulètz trufa-b d’eres, que-p pouderen segouti las costes. La rue de Sègues ; là sont fraîches comme des brugnons les tricoteuses de bérets ; mais ne vous y fiez pas trop ; si vous vouliez vous moquer d’elles, elles pourraient vous secouer les côtes.

Quoand plau et hè sou, las brouxes que ban ent’Olourou. Quand il pleut et qu’il fait soleil, les sorcières s’en vont vers Oloron. Locution en usage pour dire qu’il pleut et que le soleil brille en même temps

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